
LOUIS BERTOLA (Borgosesia 1891 – Saint-Martin-de-Ré 1973)
Jeune romaine
1928
Bronze
H. 45
Titré sur la face avant de la plinthe : Jeune Romaine
Signé et daté sur le côté gauche de la plinthe: LBertola / Rome le 1-4-1928
Inscription difficile a déchiffrer en haut à gauche du côté gauche de la plinthe (peut-être du fondeur)
Numéroté à dos de la plinthe : II 00
Louis Bertola est sculpteur lyonnais d’origine italienne. Né dans le Piémont en 1891, dès 1905 il commence ses études à l’école des arts décoratifs de Nice, avant de rejoindre, en 1909, l’école des Beaux-Arts de Lyon, où il suit l’enseignement des sculpteurs Pierre Aubert et Louis Prost. Durant ses années à l’école des Beaux-Arts de Lyon, Bertola remporte plusieurs prix : le prix Pierre Prost en 1910, le prix de la fondation Charles Dufraine en 1912, et en 1913, le prix de Paris. Ce dernier lui offre une bourse pour étudier à l’école des Beaux-Arts de Paris. Son parcours brillant fut interrompu par la Guerre, et naturalisé français en 1913, Bertola a servi la France entre 1913 et 1919. En 1919, il intègre l’école des Beaux-Arts à Paris, et tout comme à Lyon, il remporte de nombreux prix, culminant en 1923 lorsqu’il obtient le premier Grand Prix de Rome, ce qui lui permet de devenir pensionnaire à la Villa Médicis à Rome.
Au debout de l’année 1928, pendant ses derniers mois à Rome, Bertola a modelé une petite série de bustes d’un format similaire avec une plinthe intégrale à bords chanfreinés. Le musée des Beaux-Arts de Lyon conserve deux autres bustes en bronze, un don de madame Bertola en 1985, de ce format. A marquer son retour définitif à la France, en novembre 1928, Bertola expose un groupe des œuvres importantes au Salon d’automne de Lyon, incluant Première chasse d’Adonis et Jeune romaine. Il est certain que le buste présent, titré sur la plinthe Jeune Romaine, est le buste exposé sur ce titre au Salon de 1928. Cependant, un des bustes au musée des Beaux-Arts de Lyon représente également une jeune femme avec un coupé bob avec une raie, mais au contraire à la souriante Jeune romaine, elle a l’air boudeuse, sérieuse. Pourraient-ils être les expressions différentes de la même jeune femme ? Peut-être. Le buste de jeune femme boudeuse, qui n’est pas titré sur la plinthe, au musée des Beaux-Arts de Lyon est entré dans la collection en 1985 comme « Femme romaine » mais ensuite était identifié à tort avec la pièce exposée à l’exposition de 1928 et renommée la « Jeune romaine ». S’il est indéniable que les deux bustes sont associés, il est également clair que celui qui porte le titre Jeune Romaine sur la plinthe est effectivement LA Jeune romaine, contrairement au buste présenté au musée. La redécouverte de la véritable Jeune romaine corrige non seulement cette méprise, mais nous offre également une autre œuvre essentielle de l’une des plus belles périodes du sculpteur.
Il s’agit d’un buste à la fois remarquable et étrange. Chaque face présente quelque chose de différent au spectateur, de gauche et de droite, elle semble à une adolescente, mais de face, c’est une femme. Son sourire radieux, ses lèvres entrouvertes, ses dents éclatantes, et ses pommettes levées font d’elle une belle jeune femme, tout en reflétant une forte personnalité. Avec sa coupe bob, elle est une jeune femme à la mode de son époque. Néanmoins, avec son long cou, son menton fendu, et ses yeux mystérieux, elle possède aussi une allure d’un autre monde. C’est un portrait naturel, plein de joie, avec une dimension mythologique. Si elle était une œuvre du 18e siècle, on appellerait la Jeune romaine de Louis Bertola un portrait de fantaisie.
Littérature :
Philippe Dufieux, Sculpteurs et architectes à Lyon (1910-1960), de Tony Garnier à Louis Bertola, Lyon, Mémoire active, 2007
Dominique Dumas, Salons à Lyon 1919-1945, répertoire des exposants et liste de leurs œuvres, 2 vols, Dijon, L’Échelle de Jacob, 2010
Le Salon d’automne de Lyon, Artistes lyonnais, 1928 (du 1er octobre au 11 novembre). Palais Municipale des Expositions, Quai de Bondy. Catalogue préface par Henri Focillon. Société du Salon d’automne, Lyon.
Claire Barbillon, Catherine Chevillot, Stéphane Paccoud et Ludmila Virassamynaïken, Sculptures du XVIIe au XXe siècle : Musée des Beaux-Arts de Lyon, Paris, Somogy éditions d’art, 2017











