Valérie Simonin, Le Printemps (1883)

VALÉRIE SIMONIN, utilisant le pseudonyme Gustave Haller (1837 Paris – 1919 Pontaillac)
Le Printemps
1883
Bas-relief en bronze
35,5 × 26,5 cm
Signé et titré : Gustave Haller / LE PRINTEMPS .
Probablement exposé au Salon du 1883, no 3745 (comme « médaillon bronze »)
Lit : Catalogue illustré du Salon 1883 p. LXI ; Péladan 1888, p. 175-176 ; Chaperon et Bard 2017
Acquis par le Musée Roybet Fould, 2023


Figure exceptionnelle du 19e siècle, Valérie Simonin était actrice, sculptrice, dramaturge et critique d’art, pour ses écrits et sculptures toujours utilisant le pseudonyme masculin « Gustave Haller ». Elle était l’élève de Mathieu-Meusnier et une amie proche de Carpeaux. Elle exposait au Salon pour la première fois en 1857. Ses sculptures sont vraiment rares1 et cette pièce, auparavant perdue, d’une tête ravissante d’une jeune fille représentant « Le Printemps » est probablement le bronze exposé au Salon du 1883 décrit dans le catalogue du salon comme « 3745. Le Printemps, médaillon bronze ».

Catalogue illustré du Salon 1883, LXI


La même année elle exposait un Vice renversé, tous les deux attirant l’attention du critique d’art Joséphin Péladan . Dans son livre L’art ochlocratique il écrit :

M. Gustave Haller joint à la valeur technique, l’intensité excessive. Sous les traits d’une courtisane, au lourd collier, le Vice renversé cherche à retenir un coffret qui lui échappe et d’où s’épandent bijoux et pièces d’or. Évidemment, cette figure fait partie d’un groupe ; mais prise séparément, c’est un beau plâtre. La posture de la courtisane, son geste pour retenir son or, sont trouvés. Techniquement, c’est une étude de corps de femme réelle et vivante , mais c’est surtout une pensée bien rendue . M. Gustave Haller a aussi un médaillon en bronze , le Printemps, qui a toutes les qualités plastiques et d’effet du Vice renversé, un des rares succès légitimes de cette année. (Péladin 1888, p. 175-176)

C’est probable que Le Printemps est un portrait d’une des deux filles de Valérie Simonin, soit Consuelo Fould (1862-1927), soit Georges Achille-Fould (1865-1951), parce que plus tard la tête est reproduite en fonte de fer, sans titre, sur le monument dédié à Valérie Simonin et ses deux filles à Père Lachaise.

1. En fait, les seuls autres œuvres connus aujourd’hui de Simonin sont les bustes de George Barbu Știrbei, son deuxième mari, au Musée Roybet Fould (un plâtre et un marbre), et au Musée de Valenciennes (un bronze), et les sculptures on trouve sur son Monument à Père Lachaise.

2. Voir – https://e-monumen.net/patrimoine-monumental/cimetiere-du-pere-lachaise-monument-gustave-haller-consuelo-fould-paris/


Bibliographie
1883 – Catalogue illustré du Salon 1883, Paris 1883.
1888 – Joséphin Péladan, L’art ochlocratique. Salons de 1882 et de 1883, avec une lettre de Jules Barbey d’Aurevilly, Paris 1888
2017 – Sylvie Chaperon et Christine Bard, Dictionnaire des féministes. France – XVIIIe-XXIe


English : An exceptional nineteenth century figure, Valerie Simonin was an actor, sculptor, playwright, and art critic, who used the male pseudonym ‘Gustave Haller’ for her plays and sculptures. She trained with Mathieu-Meusnier, was a close friend Carpeaux, and exhibited at the Salon for the first time in 1857. Her sculptures are very rare, and this previously lost work of the head of a beautiful young girl representing Springtime is probably the bronze exhibited at the Salon of 1883, described in the catalogue as : ‘3745. Springtime, bronze medallion’. At the same Salon, Simonin exhibited a Vice Overturned and both works attracted the attention of the art critic Joséphin Péladan. In his book L’art ochlocratique he writes :

Mr. Gustave Haller combines technical merits with excessive intensity. Under the guise of a rich courtesan, Vice Overthrown tries to catch hold of a coffer which escapes her and from which jewels and gold coins scatter. Clearly this figure is part of a group, but even on its own it is a beautiful plaster. The posture of the courtesan and her gesture of retaining her gold is entirely convincing. Technically, it is a study of a real and living female body, but it is also a well-executed idea. Mr. Gustave Haller has also exhibited a medallion in bronze, Springtime, which has all the plastic qualities and the effect of Vice Overturned, one of the rare legitimate successes of the Salon this year. (Péladin 1888, p. 175-176)

It is not impossible that Springtime is a portrait of one of Valérie Simonin’s two daughters, Consuelo Fould (1862-1927) or Georges Achille-Fould (1865-1951), both would become painters, because later the same head of Springtime was reproduced in cast iron without the accompanying title on the funerary monument in Père Lachaise dedicated to Simonin and her two daughters.

1. The only other works known by Simonin are the bust of George Barbu Știrbei, her second husband, at the Musée Roybet Fould, and the sculptures found on the monument in Père Lachaise

2. See – https://e-monumen.net/patrimoine-monumental/cimetiere-du-pere-lachaise-monument-gustave-haller-consuelo-fould-paris/




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