
CHARLES JACQUOT (1865 Bains-les-Bains – 1930 Paris)
Prière aux champs, dit aussi, l’Angélus
Vers 1890-1900
Bronze, patine verte
Hauteur : 58 cm
Signée sur la terrasse : Jacquot / Blot ft
Fondeur : Eugène Blot
Plâtre exposé au Salon de 1887, no 4112
Modèle en bronze exposé au Salon de 1888, no 4263
PRIX : 4,200,00 euros

Jacquot, le jeune sculpteur lorrain, exposa le plâtre de la Prière aux champs au Salon de 1887. Elle reçut une mention honorable du jury du Salon, et en même temps elle attira l’attention des critiques, incluant ce passage par François Thiébault-Sisson dans La Nouvelle Revue :
« Même éloge à faire d’une Prière aux champs, en plâtre légèrement teinté, exposée par M. Charles Jacquot. Tête nue et religieusement inclinée, les pieds nus, les mains jointes, la chemise chastement coulissée autour d’une gorge naissante, une fillette de seize ans dit l’Angelus, que sonne une cloche lointaine. C’est délicat, c’est chaste et c’est exquis. Elle embaume le printemps, cette fillette. » (Thibault-Soissin, 1887, p. 369-370)

Comme un artiste nancéien par adoption – Jacquot rentra à l’école des beaux-arts de Nancy en 1883 – la Prière aux champs était reproduit dans le journal, Nancy Artiste, dans la livraison, La Lorraine au Salon (de 1887).


En 1887 l’état acheta et photographia le plâtre malheureusement aujourd’hui perdu.

L’année suivante, en 1888, Jacquot exposa une version de son grand succès en bronze. Dans le livret du Salon, cette nouvelle pièce fut décrite comme « une statuette », une indication peut-être que ce bronze était plus petit que le plâtre. De plus, il est mentionné que le bronze « appartient à M. E. Blot ».

Eugène Blot fut l’héritier d’une fonderie des statuettes populaires et un grand collectionneur de l’art moderne incluant les impressionnistes. Au début des années 1890 il allait changer la direction de l’entreprise familiale de statuettes en zinc industrielles aux bronzes d’art. Aujourd’hui, comme fondeur, Blot est le plus reconnu pour ses bronzes d’après les modèles de Camille Claudel, souvent, on pourrait ajouter, avec la même belle patine verte comme cet exemplaire de la Prière aux Champs.


L’édition bronze de Blot de la Prière aux champs reste très sélective et rare, un exemplaire de 86 cm en hauteur fut entré dans la collection du Allen Memorial Art Museum, Oberlin, Ohio, en 1904. En même temps, comme un grand succès, les statuettes de la pieuse paysanne prolifèrent en plâtre, bronze de pauve qualité, régule et terre cuite parfois polychromé. Jacquot, lui-même, y fut retourné quand au Salon de 1909 il a exposa une version en marbre, actuellement, comme le plâtre, perdu.

C’est impossible de ne pas mentionner l’Angélus de Jean-François Millet, peignit entre 1857 et 1859, parce que ce chef-d’œuvre, aujourd’hui dans musée d’Orsay, fut d’une des plus importantes images du temps. Mais de tous les sculpteurs qui a traité ce sujet (on pense sur le modelé d’Émile Peynot par exemple), c’est surtout elle de Jacquot qui gagne les honneurs. Le dessin de Jacquot pour sa statue est conservée au musée du Louvre.

Bibliographie
Explication des ouvrages de peinture, sculpture, architecture, gravure et lithographie des artistes vivants au Salon de 1887, Paris 1887
François Thiébault-Sisson, « Le Salon de Sculpture », La Nouvelle Revue, neuvième année, tome XLVI, livraison du 15 mai 1887, p. 363-376
Nancy-Artiste, La Lorraine au Salon, Nancy 1877
Explication des ouvrages de peinture, sculpture, architecture, gravure et lithographie des artistes vivants au Salon de 1888, Paris 1888


English : Jacquot, the young and talented sculptor from Lorrain, exhibited the plaster model for the Prayer in the Fields at the Salon of 1887. The work was given an honourable mention by the Salon Jury and attracted the attention of the critics, including this passage by François Thiébault-Sisson published in La Nouvelle Revue: ‘The same elegy must also be made to the Prayer in the Fields, in lightly coloured plaster, exhibited by Charles Jacquot. Head uncovered, religiously inclined, feet naked, hands joined together, shift chastely gathered around a nascent bosom, a young girl of sixteen says the Angelus, which sounds from a faraway bell. It’s delicate, it’s chaste and it’s exquisite. She embodies the spring, this young girl’ (Thibault-Soissin, 1887, p. 369-370)
As a Nancy artist by adoption – Jacquot entered the School of Fine Arts Nancy in 1883 – Prayer in the Fields was reproduced in the journal Nancy Artiste in the edition of 1887 titled Lorrain at the Salon.
In 1887 the French State bought Jacquot’s plaster and had it photographed, although the plaster is now lost. The following year in 1888, Jacquot exhibited a bronze version of his great success at the Salon. This bronze is described in the Salon catalogue as a ‘statuette’ – perhaps suggesting that the bronze may have been smaller than the plaster exhibited the year before. Furthermore, the Salon catalogue mentions that the bronze version belonged to a ‘Monsieur E. Blot’.
Eugène Blot had inherited a foundry which made popular statuettes in zinc (i.e. spelter), and used his wealth to become a leading collector of modern French art including of the Impressionists. At the beginning of the 1890s he decided to change the direction of the family business from industrially produced statuettes to art bronzes. Today, as a bronze founder, Blot is most recognised for his series of bronzes after the models of Camille Claudel, often, one should add, with the same beautiful green patina as this example of the Prayer in the Fields.
The bronze edition by Blot of Jacquot’s Prayer in the Fields remains select and very rare, another example of 86 cm in height entered the collection of the Allen Memorial Art Museum in Oberlin, Ohio, in 1904. At the same time, as a great success with the wider public, statuettes of the pious young peasant girl proliferated, sometimes polychromed, in plaster, spelter and terracotta. Even Jacquot himself returned to the model when at the Salon of 1909 he exhibited a version in marble, at present, like the original plaster, lost.
In relation to Jacquot’s figure It is impossible to not mention the Angelus of Jean-François Millet, painted between 1857 nd 1859, because this masterpiece, today to be seen in the Musée d’Orsay, was one of the most important images of the time. But of all the sculptors who decided to treat this subject (one thinks especially of the model by Émile Peynot), it is above all Jacquot’s praying girl who wins the honours.
Jacquot’s drawing for his statue is held in the Louvre.

Galerie Jamie Mulherron – Sculptures et peintures du 19e siècle – Lyon
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