« Léonard Périer, qui habitait le quai Fulchiron, n’était pas riche, quoiqu’il eût de la réputation et du travail. Pour lui, l’art était tout. » (Aimé Vingtrinier, 1889)
Haut sur la colline, au-dessus le théâtre antique, qu’on appelle le Pipet, une Vierge à l’enfant, sombre et gris, monte la garde sur la ville de Vienne. La statue a été inaugurée sur son tour de briques rouges en 1858. Aujourd’hui, le sculpteur de cette Vierge, une des plus belles Vierges monumentales de France, est généralement inconnu, il n’y a pas même une plaque permettant de l’identifier.

Le nom de ce sculpteur fort doué est Léonard Périer, né dans le village de Saint-Jodard dans la Loire, à 40 kilomètres au nord-ouest de Lyon. Périer étudia sous Léopold de Ruolz à l’école des beaux-arts de Lyon et gagna sa vie à Lyon en se spécialisant dans la sculpture religieuse. Dès la fin des années 1850 il s’installa au 21 quai Fulchiron, quartier Saint Georges, surplombant la Saône. Forézien par naissance, Perier devint lyonnais par le travail. Sa nécrologie écrite par « un ami » (en fait, probablement Aimé Vingtrinier), et publiée dans Le Courrier de Lyon 29 août 1866, explique :
« Bien qu’il nous soit étranger par sa naissance, on peut dire, néanmoins, que cet artiste éminent appartient à notre école lyonnaise. Son talent s’est développé dans notre ville et y a produit ses principales œuvres. Parmi ces dernières, nous citerons la statue monumentale de la Vierge élevée sur le rocher qui domine la ville de Vienne. »
Après sa mort survenue en 1866 à seulement 46 ans, Périer tomba aussitôt dans l’oubli, et en 1889, Vingtrinier écrira :
« Presque oublié des artistes, inconnu au gros public, quoiqu’il ait crée la statue colossale de la saint Vierge, élevée à Vienne sur le mont Pipet. »

Au vingtième siècle Périer et sa belle Vierge, sombreront dans l’anonymat complet. Aujourd’hui presque personne ne connaît son nom. Il est plus que temps de restituer La Vierge de Vienne au sculpteur qui l’a créé.
Remerciements à Charlotte pour la révision du texte.